Canada/Le Délit

Capacités mentales: le début de la fin?

SOCIÉTÉ | SANTÉ / gary.drechou@gmail.com

Suis-je trop vieux pour Le Délit? 23 ans. Trois fois rien. Un gamin! Et pourtant, pourtant… c’est le début de la fin.

D’après des chercheurs américains, l’Homo sapiens atteint l’Everest de ses capacités mentales à l’âge de 22 ans. Ce qui signifie qu’en 2009, les «forces vives» de la population mcgilloise, nos plus précieux «capitaux», l’élite de nos «vaches à lait» – que dis-je, les «reines» de notre troupeau… ont vu le jour en 1987. Yodel! Derrière, à la traîne, suivent tous ceux et celles qui comme moi, ont un, deux ou trois an(s) de trop. Une vaste meute (prononcez meuh…te) de brebis aux dents de lait mais aux mamelles usées, qui ne produisent plus que de la moisissure (pensez Roquefort). Manque de pot! Je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, mais fallait en profiter il y a un, deux, voire trois ans, quand mon cerveau ne ressemblait pas encore à du gruyère. Maintenant repos.

Ah, ces fumiers de Virginia (l’université)…

Pis, c’est pas tout. Après avoir fait subir à un impressionnant cheptel de 2000 têtes (hommes et femmes en bonne santé, âgés de 18 à 60 ans) divers tests habituellement utilisés pour diagnostiquer un «disfonctionnement mental», un «déclin cognitif» ou une «démence», z’ont découvert (voyez, ça se gâte) que le véritable déclin de l’empire bovin-caprin commence à… 27 ans! Vitesse cérébrale, capacités de raisonnement et de visualisation dans l’espace: tout ça dégringole aussi vite et piteusement que les mamelles de… passons. Vingt-sept ans, vous réalisez!? La suite: 4 à 8 p. cent de neurones en moins tous les 10 ans. Nos voisins le méritent, ce Grand Prix: ils ont trouvé la Formule 1 du déclin. Et tant pis si ça vous fout les boules, de la perdre aussi précocement.

Autre grande ou petite nouvelle: «plus papa est âgé, moins bébé est futé». S’cusez? Après avoir épluché les données concernant quelque 33 437 enfants américains nés dans les années soixante de pères âgés de 14 à 66 ans, puis analysé leurs résultats aux tests neurocognitifs les plus connus (Bayley, Stanford Binet, Graham-Ernhart, Wechsler) à huit mois, quatre ans et sept ans, des chercheurs australiens ont en effet découvert que les enfants nés de pères vieux «performent» nettement moins bien que ceux nés de pères jeunes. En moyenne, un enfant conçu à 50 ans aurait ainsi un QI inférieur de deux points à celui d’un enfant conçu à 20 ans…

Tout cela me laisse sans voix. J’ai 23 ans, des capacités mentales qui fondent comme fromage en Savoie, et absolument pas de projets d’enfants dans l’immédiat: voulez-vous toujours de moi? Je ne vous promets plus l’Everest (forcément) mais encore quelques montées à l’alpage (c’est de saison). Allonz’ enfants, soyez bons…

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