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Découverte: chasser le phoque pour sauver des vies

SOCIÉTÉ | SANTÉ / gary.drechou@gmail.com

Certains de ses organes pourraient servir de bioprothèses.

Greffer sur l’homme une valve du cœur ou une trachée provenant d’un phoque? L’idée semble saugrenue, et, pourtant, elle fait son chemin depuis 10 ans dans l’esprit d’Andreas Agathos, chirurgien cardiaque au Centre médical d’Athènes, qui remplace régulièrement les valves du cœur de ses patients par des bioprothèses (ou valves biologiques).

Dans le monde, quelque 340 000 implantations de valves cardiaques sont effectuées chaque année avec des risques de complications plus ou moins élevés, et il n’existe à l’heure actuelle aucune solution pour remplacer les trachées dysfonctionnelles de patients atteints de cancers, de traumas, de malformations congénitales ou de brûlures.

L’an dernier, le Dr Agathos et son équipe ont réussi un exploit: 25 greffes de valves cardiaques de phoques sur des rats, sans le moindre signe de calcification des tissus (contrairement aux autres valves biologiques de nature porcine et bovine), ainsi que 10 greffes de trachées de phoques sur des porcs, qui ont survécu 39 jours sans aucun traitement de soutien. Cette « percée médicale » ouvre la voie à des tests cliniques sur l’être humain, et permet d’espérer une amélioration significative de la qualité de vie des patients.

Dans une lettre adressée aux ministres européens de l’Environnement, le Dr Agathos met donc fermement en garde contre la tentation du boycott:

«Si on bannit du marché les produits dérivés du phoque dans toute l’Union européenne, cela privera les patients d’Europe des avantages des nouvelles bioprothèses issues du phoque du Groenland».

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