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Festival international de la littérature 2008: reprenons le FIL

ARTS | FESTIVALS / gary.drechou@gmail.com

Je pensais, n’est-ce pas, que quand j’aurais tout détruit, j’aurais de l’équilibre. Possible. Mais cela tarde, cela tarde bien. (Henri Michaux, « Une vie de chien », Mes propriétés)

Coupable d’être taon et d’en avoir – du temps (notre seule vraie propriété, d’après Sénèque, mais demandez plutôt à Michaux) – j’ai récidivé ce lundi 22 septembre 2008 aux apéros poétiques. La toune qui me retourne en arrivant: « Une main dans la main », de Charlelie (Couture). J’ai besoin de quelqu’un qui me retienne… Ça coud dur !

Bonne surprise. Ou plutôt bonne deuxième prise. Le torsadeur José Acquelin et son obsession de la mesure (poétique, selon lui) me laissent froid, cette fois. S’écoutant lui-même, il n’a pas besoin de moi. Pierre Bertrand tire son épingle. Un titre dans sa bibliographie accroche immédiatement mon oreille: Éloge de la fragilité. Je suis toute ouïe, et je dis oui! Le thème est le dialogue entre la philosophie et la poésie. Il parle d’étreindre ou d’embrasser ce qui est « simple et immédiat », de la poésie comme de la langue primitive, totale (celle de l’avant-spécialisation des facultés, de l’union maximale du langage et de la vie). D’un mystère: celui de « la lumière obscure de ce qui est », et du nécessaire étonnement. Simple et immédiat: j’embrasse et j’étreins. Suit Michel Morin. Lecture « enrhumée », mais aux jolis débouchés. Quelques phrases, par ci par là, s’amarrent: « la crainte de l’angoisse rend impatient » ou « l’essence de l’homme est un décalage ». J’ai envie d’un Désert.

Ce matin, la nouvelle publicité « choc » du NPD parade dans les journaux. D’après John Stuart Mill:

« Les conservateurs ne sont pas forcément stupides, mais la plupart des gens stupides sont conservateurs ».

Qu’en est-il des conservatueurs !? Je suis un con ! On peut avoir envie de sabrer sans rejoindre la meute des tueurs – reprenons le FIL, et corrigeons le tir. Harper, vous ne trouvez pas que ça sonne un peu comme karcher? Les coupes ou les vers? La bourse ou la vie?

Je préfère aux fortes pressions constantes la « mauvaise haleine spirituelle » passagère… À condition qu’un Foglia ou tout autre éternue de temps à autre dans la volière.

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