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« Le manège de l’utérus hanté »: utérusé!

ARTS | SPECTACLES / gary.drechou@gmail.com

Quelques pas dans le noir. Vous êtes seul(e). Aucun son. Les yeux cherchent un repère, une signalisation quelconque, pendant que les oreilles s’inventent un nom. Funambulisme? Apnée? À peine le temps de vous y faire, que déjà… de la lumière.

Sans vraiment le savoir, vous avez suivi un entraînement bouddhiste appelé « tainai-Meguri » – littéralement, le retour dans la « matrice » de votre mère. Vif et musculaire, l’organe creux vous a (trop) rapidement expulsé: vous voilà propre comme un sou neuf, blanc comme neige, libéré de la coquille! Un nouveau-né spectacteur.

Sur scène, le cirque peut alors commencer. Couleurs primaires, numéros de chair et contorsions pionnières: le charisme de la danseuse Tomomi Morimoto allié aux cordes de Maya Kuroki et aux pulsations sensibles de Patrick Graham font « naître » devant vous une jeune fille. Elle vit là, juste ici, maintenant! Voyez-là, sentez-là frémir, sourire, séduire, souffrir, pleurer, haleter, hurler, puis dites-lui « au revoir » – expulsée, elle aussi, à maturité.

Au final, dans ce show intimiste, il y a le Japon, l’antre de cette fille, et puis son entrejambe: pendant soixante minutes (sans intermission – oh ça non), c’est lui qui « manège ».

Scotché à votre siège, sans ceinture, vous êtes « utérusé »… mais repartiriez bien pour un tour.

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