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Jérémie Kisling: l’étreinte du lamantin

ARTS | SPECTACLES / gary.drechou@gmail.com

Un compatriote suisse faisant le voyage avec « le son des orages » (Le Soleil du 24 octobre) dans ses bagages, ça valait bien de tendre l’oreille, non?

« Un talent sûr », me disait-on.

« Un talent certain », m’assurait-on.

« Un certain talent », me susurrait-on…

… On comprendra que j’y sois allé d’une oreille tendre.

Sans rien attendre, cependant!

Stupeur et troublements.

Le concert de Jérémie Kisling n’est pas renversant. Ni vraiment marrant, ni franchement bouleversant. Plutôt flottant. Antimatière?

La première partie du concert a même tout d’une longue traversée des maux à la rame et en solitaire: jérémiades?

Et puis, et puis…

Contrairement à tout ce qu’on a pu nous raconter jusqu’ici, Jérémie Kisling est moins « Le Ours » que lamantin:

Les lamantins sont une origine souvent avancée pour expliquer la légende des sirènes: leur corps peut en effet laisser penser à un buste de femme, surtout pour des marins ayant navigué pendant des mois. De même que le chant des sirènes est assimilé à celui des lamantins – il serait en effet comparé à une lamentation. (Wikipédia)

En fin de partie, donc, Kisling parvient à m’attendrir l’oreille, chantant J’ai mal, Nouvel horizon (en duo avec la vaillante Gaële) et Antimatière

Pis là, que dire?

D’un coup d’un seul, le lamantin, cette « vache marine », se métamorphose en sirénien!

In extremis, presque contraint, j’étreins… et je claque des mains.

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