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RIDM 2010: mon (dé)tour du monde en huit docus

ARTS | CINÉMA / gary.drechou@gmail.com

J’y vais chaque année comme au grand huit: je boucle ma ceinture, et hop – c’est parti pour le (dé)tour du monde. De ces dix jours de cinéma (car le documentaire, c’est du cinéma), je sors souvent troublé, parfois émerveillé… jamais indemne. Les RIDM sont riches en émotions fortes.

Essai de « palmarès » (en fait de palmarès, il s’agit plutôt de vous en-bobiner).

1. The Desert of Forbidden Art (Ouzbékistan, Russie, États-Unis, 2010)

Un vaste tableau sur la quête exceptionnelle d’un homme qui voulait sauver l’art de l’oppression en URSS. (Présentation des RIDM)

Parce que la vie d’Igor Savitsky valait bien un film (et assurément un musée!), et parce que j’aurais aimé être Stephen Kinzer, ce journaliste du New York Times qui a écrit, en 1998, « In a Far Desert, a Startling Trove of Art« .

2. Cuchillo de Palo / 108 (Espagne, 2010)

Cette enquête sur les sanctions infligées aux homosexuels au Paraguay devient un captivant voyage intime. (Présentation des RIDM)

Parce que, comme le dit la réalisatrice Renate Costa, le Paraguay a longtemps été – sous la dictature de Stroessner – « un pays sans images », et parce que les secrets de famille, comme ceux d’un pays, doivent être regardés.

3. Albert’s Winter (Danemark, 2009)

Le petit Albert n’aime pas son costume de carotte. Et encore moins parler du cancer de sa mère. (Présentation des RIDM)

Sans hésiter: pour Albert.

4. La reconstitution (Québec, 2010)

Un espace blanc, abstrait. Un tournage. Une femme âgée, nue, enveloppée de pellicule plastique. Elle décède quelques mois plus tard. Le réalisateur tente de faire son portrait en dévoilant la relation qui les unissait. (Présentation officielle)

Je mets du temps à me décider: ai-je aimé ou non? Un moyen métrage important. Sûrement.

5. My Perestroika (Royaume-Uni, États-Unis, 2010)

Portrait de cinq amis d’enfance dont les destins se sont séparés avec l’éclatement de l’URSS. (Présentation des RIDM)

Parce que le film est plein de souffle, de nuances et d’humour, et pour cette phrase, redoutable, prononcée en ouverture: « Je ne peux pas dire que je voulais être comme tout le monde… Ce n’était pas vraiment comme ça que les choses se passaient… J’étais simplement comme tout le monde. »

6. Sainte-Anne hôpital psychiatrique (France, 2010)

Une rare et troublante incursion dans le quotidien des patients et du personnel d’un hôpital psychiatrique. (Présentation des RIDM)

Pas un bon film. Un film saisissant. Le « spectacle » offert par Ilan Klipper est très difficile à regarder, à tolérer (le paternalisme crasse du personnel dit soignant est révoltant)… mais il est utile! À nous de lancer le débat sur la « dérangerosité » de nos « fous ».

7. Armadillo (Danemark, 2010)

Les jeunes soldats danois envoyés en Afghanistan sont-ils des fous, des imbéciles ou des héros? (Présentation des RIDM)

La transition vous en dit trop.

8. La danse – Le ballet de l’Opéra de Paris (États-Unis, France, 2009)

Les coulisses de la plus grande troupe de ballet au monde, par l’un des plus grands cinéastes. (Présentation des RIDM)

Wiseman fait suer les étoiles et grincer les planches. L’effort (et l’édifice) a de la grâce.

Par ailleurs, ayant prêté une oreille aux commentaires de mes congénères, je regrette de ne pas avoir vu de mes deux yeux Ce coeur qui bat (Québec, 2010), Blank city (États-Unis, 2010), Plug & Pray (Allemagne, 2009), Katka (République tchèque, 2010) & The Woman With The 5 Elephants (Allemagne, Suisse, 2009).

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